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Phare IA

Guide pratique · mis à jour le 24 octobre 2026

Chatbot IA : la mention obligatoire, avec des exemples prêts à l’emploi

Depuis le 2 août 2026, l’article 50 de l’AI Act impose qu’un visiteur sache qu’il échange avec une intelligence artificielle, au plus tard au premier message. Voici quoi écrire, où l’afficher et ce qui ne suffit pas, pour les chatbots des sites que vous gérez.

1. Ce que demande l’article 50

L’article 50(1) du règlement (UE) 2024/1689 prévoit que les personnes qui échangent directement avec un système d’IA (chatbot, assistant, agent conversationnel) soient informées qu’il s’agit d’une IA, sauf si c’est évident. L’article 50(5) précise que cette information doit être claire et reconnaissable, donnée au plus tard lors de la première interaction, et respecter les règles d’accessibilité.

Les lignes directrices de la Commission européenne du 20 juillet 2026 interprètent l’exception « c’est évident » de façon restrictive : elle ne peut pas être invoquée pour un chatbot ouvert au grand public. En pratique, tout chatbot IA installé sur un site doit s’annoncer.

Ne sont pas concernés : les réponses automatiques simples sans IA (arbres de choix à règles fixes, message d’absence) et les outils d’IA utilisés en coulisse par un conseiller humain qui reste l’interlocuteur.

2. Six exemples de messages

Ces formulations reprennent les bonnes pratiques citées par la Commission : le mot « IA » ou « intelligence artificielle » apparaît dès la première phrase, et le visiteur sait comment joindre un humain.

« Bonjour ! Je suis l’assistant de [Nom du site], une intelligence artificielle. Je réponds à vos questions sur nos produits. À tout moment, vous pouvez demander à parler à un membre de l’équipe. »

Message d’accueil standard, adapté à la plupart des sites.

« Vous échangez avec une IA. Comment puis-je vous aider ? »

Version courte, pour les fenêtres de chat compactes ou les bulles d’ouverture.

« Bonjour, je m’appelle Léa et je suis une intelligence artificielle. Je peux vous aider à suivre votre commande. »

Un prénom reste possible, à condition de dire clairement qu’il s’agit d’une IA (et d’éviter une photo humaine).

« Je suis une intelligence artificielle : mes réponses sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel. Pour votre dossier, un conseiller peut vous rappeler. »

Contexte sensible (santé, finance, juridique, réclamations) : la Commission recommande des rappels réguliers.

« Non, je ne suis pas une personne : je suis une intelligence artificielle. Voulez-vous que je transmette votre demande à l’équipe ? »

Réponse à « Êtes-vous un humain ? » : l’IA doit se présenter comme telle si on le lui demande.

« Hello! I’m an AI assistant. How can I help you today? »

Site multilingue : la mention s’affiche dans la langue de la conversation.

3. Où afficher la mention

  • Dans le message d’accueil, visible avant que le visiteur écrive (ou au plus tard dans la première réponse).
  • Dans l’en-tête de la fenêtre de chat : un nom du type « Assistant IA » plutôt qu’un prénom seul.
  • Un badge « IA » près de la zone de saisie, visible pendant tout l’échange : c’est l’un des exemples de bonne pratique des lignes directrices.
  • Dans la bulle d’ouverture si le chatbot se présente avant que la fenêtre soit ouverte (« Une question ? Notre assistant IA vous répond »).

4. Accessibilité : une mention que tout le monde perçoit

L’article 50(5) exige le respect des règles d’accessibilité. Concrètement : un vrai texte plutôt qu’une image, un contraste suffisant, une mention lue par les lecteurs d’écran et atteignable au clavier. Une petite icône sans texte alternatif ne remplit pas ce rôle.

5. Les erreurs à éviter

Les lignes directrices jugent insuffisantes à elles seules :

  • une information placée uniquement dans les CGU, les mentions légales, une documentation ou un menu caché ;
  • un simple « assistant virtuel », ambigu, ou une photo de profil humaine trompeuse ;
  • une phrase générale du type « ce site utilise l’IA » ;
  • une description purement technique (« ce service utilise des LLM ») ;
  • un marquage lisible seulement par machine.

6. Chatbots du marché : qui fait quoi ?

Quand un site installe un outil du marché (Intercom, Crisp, Tidio, Zendesk, HubSpot…), l’éditeur est en principe fournisseur et doit concevoir son outil pour informer l’utilisateur ; le site qui l’installe est déployeur. Mais c’est sur le site que le visiteur doit voir l’information : le message d’accueil, le nom et l’avatar de l’assistant se règlent le plus souvent dans les paramètres du widget, et c’est là qu’il faut vérifier ce qui s’affiche réellement.

Une entreprise qui construit son propre assistant (même sur une API d’IA) et l’utilise sous son nom peut, elle, être fournisseur : la mention est alors entièrement de son ressort.

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Phare IA visite les sites comme un visiteur, reconnaît plus de 40 outils de chat, lit le message d’accueil et signale ceux qui ne mentionnent pas l’IA. Son kit affiche ensuite la mention et le badge « IA » en une ligne de code. Outil d’aide : il signale des points d’attention et ne constitue pas un avis juridique.

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Questions fréquentes

Le terme « assistant virtuel » suffit-il ?

Non. Les lignes directrices de la Commission le jugent ambigu : il ne dit pas clairement qu’il s’agit d’une intelligence artificielle. Écrivez « assistant IA » ou « je suis une intelligence artificielle ».

Faut-il répéter la mention à chaque message ?

Non. Elle doit apparaître au plus tard au début de chaque conversation. Un badge « IA » visible pendant l’échange est recommandé, et des rappels réguliers sont conseillés dans les contextes sensibles (santé, finance, juridique).

Un chatbot à choix multiples sans IA est-il concerné ?

Non. Les réponses automatiques fondées sur des règles fixes (arbre de choix, message d’absence) ne sont pas des systèmes d’IA au sens de l’article 50. Dès qu’un modèle d’IA génère les réponses, la mention est attendue.

Peut-on donner un prénom au chatbot ?

Oui, à condition d’indiquer clairement qu’il s’agit d’une IA, dès le premier message. Évitez en revanche une photo de profil humaine, que les lignes directrices citent parmi les pratiques trompeuses.

Qui doit ajouter la mention : l’éditeur du chatbot ou le site ?

L’éditeur, fournisseur, doit concevoir son outil pour informer l’utilisateur ; le site, déployeur, l’utilise. Comme c’est sur le site que le visiteur doit voir l’information, il est prudent que l’agence ou le site vérifie et règle le message d’accueil.

Sources officielles

Cette page est une synthèse d’information générale rédigée par l’équipe Phare IA. Elle ne constitue pas un avis juridique ; pour un cas particulier, rapprochez-vous d’un professionnel du droit.